Une BD par Cab Mise à Jour les Lundis et Jeudis

À propos

Utown était initialement juste un genre de gros ramassis de concepts et de personnages qui me suivent depuis le secondaire. Comme beaucoup d’artistes ayant grandi dans les débuts des forums et les premiers balbutiements de DeviantArt, j’avais une série de personnages bien à moi. C’était presque un rite de passage! Sam, Thomas, Edwin et Étienne ont tous été créés au tournant du siècle, en tant “qu’ambassadeurs” de tout ce que moi, ado influençable, trouvais “cool” (ex: la culture du skate, le vague concept du hacking et bien sûr, les bad boys inatteignables).

Je les dessinais dans mes temps libres, une façon de mesurer mes progrès en tant que cartoonist, pendant que mes études en graphisme siphonnaient mon âme. Après tout ce temps, ils avaient presque pris vie. Plusieurs fois j’ai tenté de les inscrire dans une narrative, sous forme de centaines de pages de documents Word. Ça n’a jamais abouti mais mon dieu que j’aimais me perdre des heures durant à écrire. J’étais complètement investie dans le projet de leur créer un univers.

Et puis, deux choses sont arrivées: je suis devenue meilleure en backgrounds et j’ai commencé à m’intéresser plus à l’urbanisme, l’architecture et les enjeux liés à l’accès au logement. En 2010, l’administration de Montréal a annoncé un grand plan de développement dans Griffintown. Soudainement, je prêtais attention aux termes comme “gentrification” et “promoteurs”. Pendant ce temps, Hiver Nucléaire sortait en webcomic. Je découvrais le potentiel quasi-infini de storytelling qu’offrait la BD. En 2013, la Ville a évincé une douzaine de locataires des Lofts Moreau, une vieille usine déglinguée qui abritait les derniers vestiges d’une communauté d’artistes marginaux. “La gentrification est accomplie quand les artistes s’en vont”. En tant qu’artiste nouvellement pigiste et cassée, cette phrase m’est restée dans l’esprit. L’idée de Samuel, artiste marginal qui se bat pour garder son logement, est née. Utown serait cette ville fictive, hors du temps et de la géographie, où je pourrais parler des enjeux qui me tenaient à coeur.

Trouver un rôle pour les autres personnages a nécessité beaucoup d’écriture, mais 20 ans après les avoir dessinés pour une première fois, Samuel, Thomas et les autres ont finalement leur propre BD.

À propos de Cab

Je m’appelle Cab (Caroline Breault) et je suis une bédéiste et illustratrice située à Montréal, au Canada. Ça fait un bon bout que je dessine des bums sympathiques et des ados en colère. Ma première série, Hiver nucléaire, a été publiée chez Front Froid, de 2014 à 2018. J’ai aussi fait des couvertures pour Oni Press et Boom! Studios, pis un paquet d’autres affaires. Visitez donc mon portfolio pour voir mon côté un peu plus professionnel. Vous y trouverez aussi une vraie bio sérieuse.

FAQ

 

Est-ce qu’il y aura une version livre de Utown?

Ma priorité a toujours été de commencer un webcomic, avec ou sans éditeur. Je suis confiante qu’il y aura une version papier dans le futur!

Quels outils utilises-tu pour faire la BD?

C’est un mix un peu chaotique d’outils traditionnels et numériques. Je découpe dans Photoshop, je crayonne et j’encre à la main, et je fais les trames et le lettrage dans Photoshop. J’encre avec une plume Tashikawa et une pointe de type G, avec de l’encre Speedball, sur du papier mixed media.

Est-ce que tu prends des contrats ou des commissions?

Je veux vraiment travailler temps plein sur Utown. Je ne prends donc pas de contrats ou de commissions pour le moment.

Comment est-ce que je peux te donner un coup de main?

Facile! La meilleure façon est via Patreon, ce qui vous donnera aussi un accès aux pages, en avance. Y’a plein de matériel exclusif, en plus d’une pas pire archive de la naissance du projet. Une autre bonne façon est de visiter ma boutique de prints sur Etsy. Vous y trouverez une sélection de prints de Utown, à bon prix. Et bien sûr, un bon mot est toujours apprécié! Que ce soit des partages sur les réseaux sociaux ou du bon vieux bouche à oreille, toute mention est importante!